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25/06/2012

«The Newsroom», 100% pur Aaron Sorkin

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(garanti 100% sans spoilers)

Le Sorkin bashing est-il le dernier sport à la mode aux Etats-Unis depuis qu'il a remporté un Oscar pour le scénario de The Social Network? Avec 57/100 en agrégé sur Metacritic, The Newsroom, qui a démarré dimanche soir sur HBO (automne/hiver sur Orange Ciné Séries en France), s'est fait assassiner par le New Yorker, le Washington Post et Time.

En se penchant sur les coulisses d'une chaîne d'info, Sorkin donne le «West Wing treatment» aux médias. L'administration de Martin Sheen répondait à celle de George W. Bush. La rédaction de la chaîne fictive ACN fait miroir aux CNN, Fox News et MSNBC, avec un twist intéressant: Sorkin ne choisit pas la fiction mais au contraire d'examiner des événements d'actu récente (comme la marée noire de BP).

Présentateur star, Will McAvoy est devenu un PPDA consensuel, qui a depuis longtemps abandonné l'idée de faire des vagues car il ne faudrait surtout pas faire baisser l'audience. Arrive Mackenzie MacHale, son ex, usée après avoir servi comme correspondante de guerre, qui revient avec une ambition aussi folle que naïve: produire un journal qui informe en misant sur l'intelligence des téléspectateurs. Au milieu, une rédaction bouillonnante, des querelles d'égo, des histoires d'amour et des plans cul.

Jeff Daniels et Emily Mortimer au top

Trop cliché, trop naïve, trop liberal, trop donneuse de leçon, trop bavarde, trop sorkinesque... The Newsroom aurait tous les défauts de son créateur. Pourtant, la recette n'a pas changé depuis Sports Night, The West Wing (ou même le plus inégal Studio 60). Sorkin mêle toujours le drame et la comédie, la réflexion (un peu) et le divertissement (beaucoup), les tirades romantico-lyriques et les one liner qui claquent.

Il est trop tôt pour affirmer que la série marchera dans les pas de The West Wing, que les personnages seront du calibre du président Bartlet et de C.J Cregg, mais The Newsroom en a le potentiel. Servi par des acteurs au meilleur de leur forme (Jeff Daniels et Emily Mortimer en tête, tous deux avec une solide expérience du théâtre), le pilote se regarde assis tout au bord de son siège, les coudes sur les genoux, avec une furieuse envie d'applaudir quand le rideau tombe. Welcome back, monsieur Sorkin.

--Philippe Berry, à Los Angeles

Avez-vous regardé ce premier épisode? Déçus ou conquis?

 

14/06/2012

Que vaut le retour de «Dallas», 30 ans après?

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Certaines choses, comme les cheveux permanentés ou Jean-Michel Jarre, devraient rester dans les années 80. Mais Dallas (1978-1991) a fait son grand retour aux Etats-Unis, mercredi, sur la chaîne TNT. A l'heure des Prius et des marées noires, y a-t-il encore une place pour un soap pétrolifère dans un paysage audiovisuel transformé? Le point.

L'histoire

Pour éviter la confusion: Dallas version 2012 n'est pas un remake de la série originale mais bien la suite, 20+ années plus tard. J.R. est un vieillard, Bobby apprend qu'il souffre d'un cancer, et leurs fils respectifs, John Ross et Christopher (adopté), s'affrontent pour le contrôle de Southfork Ranch. Le premier veut creuser et exploiter du pétrole. Le second veut vendre pour financer ses recherches d'énergies alternatives. Sue Ellen, elle, ne picole plus et veut devenir gouverneur du Texas.

Le trailer

Notre avis

On a d'abord un peu peur, face au générique remanié, dont le style a aussi bien vieilli que les transitions de George Lucas dans Star Wars. Et puis on se demande si J.R./Larry Hagman (80 ans, quand même) n'est pas là que pour faire de la figuration, en vieillard dépressif quasi-catatonique. Heureusement qu'au Texas, l'odeur du brut peut réveiller les morts, et la découverte de réserves sur les terres immaculées de Southfork Ranch attise les convoitises de tous les Ewing, jeunes et vieux.

Sur les deux premiers épisodes, la nouvelle génération reprend plutôt bien le flambeau des machinations familiales. John Ross (Josh Henderson, aperçu dans Desperate Housewives) est prêt à tout pour se faire un prénom. Christopher (Jesse Metcalfe, le jardinier de Gabrielle Solis) apporte une touche moderne avec le thème des énergies renouvelables (on parle de méthane coincé au fond des océans, pas de solaire; on est au Texas, pas chez Al Gore).

Du côté des dialogues, ce n'est pas du Sorkin, et les intrigues amoureuses old school n'ont pas le piquant moderne d'un Revenge. Dallas ne deviendra clairement pas une icône comme son aîné. Malgré tout, TNT propose là un soap classique pas totalement has-been. Un petit exploit, en 2012.

L'audience

A presque 7 millions de téléspectateurs, il s'agit du meilleur démarrage pour une nouvelle série du câble cette année. Bémol: dans la catégorie publicitaire reine des 18-49 ans, Dallas n'a rassemblé que 2 millions d'Américains. A titre de comparaison, sur une chaîne du câble basique similaire, The Walking Dead fait 8 millions, dont 5 millions chez les 18-49 ans. Mais même avec un public âgé, Dallas devrait être tranquille pour au moins une ou deux saisons.

-- Philippe Berry, à Los Angeles

Avez-vous regardé les deux premiers épisodes? Par nostalgie ou curiosité? Votre avis?

 
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